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Le Babillard
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Volume 11, no. 9 |
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UN RÊVE J'ai fait un rêve, beau comme il n'est pas permis de le croire à l'heure où l'on se parle. J'ai rêvé que l'homme de ma vie m'amenait souper au restaurant, me donnait des fleurs, prenait ma main avant de me dire : « Je t'aime! » Dans mon rêve, je l’embrassais. Soudainement, je me suis réveillé! Ce n'était effectivement qu'un rêve qui ne peut se produire pour l'instant, car je suis un homme. Dans la société actuelle, il n'est pas nécessairement bien vu de s'afficher ainsi. La plupart des personnes qui vivent cette réalité homosexuelle ont toujours une certaine retenue. Cette société, bien qu'elle évolue, n'est peut-être pas prête à ce genre de manifestations publiques. Les préjugés, qui ont habité les gens de mon pays depuis bien des années, sont bien enracinés. Il n'est pas rare encore d'entendre des gens dire: « Je ne suis pas une moumoune » ou encore « tapette ». Vous savez, la plupart d'entre nous avons refoulé notre orientation sexuelle, car, dans notre milieu familial et social, on nous considérait comme des personnes malades ou anormales. Certains parents croient encore que l'éducation de leur fils ou leur fille est un échec. Vous savez que l'estime de soi se bâtit dès l'enfance. Notre confiance se construit grâce à l'image que l'on se fait de soi-même. Lorsqu’on grandit dans un milieu familial et social qui ridiculise ceux qui ont une attirance vers les gens du même sexe, il se peut que l'estime de soi en prenne pour son rhume. La honte qui accompagne parfois cet état entraîne certains d'entre nous vers des gestes malheureusement définitifs. Je souhaite ardemment voir le jour où les gens comme moi redécouvriront les richesses qui les habitent. Ainsi, ils n'auront plus à mentir aux gens qui les entourent et à eux-mêmes. Vous savez, il est très difficile psychologiquement de vivre dans le mensonge et dans la peur du rejet. Les thérapies et les groupes d'entraide nous amènent vers un -> |